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Revue Miriadi

1 | 2019

João MORAIS

Les dynamiques sociales et linguistiques dans l’espace francophone: l’intercompréhension en tant que moyen d’intégration

Article

Résumé

Aujourd’hui, dû au phénomène de la mondialisation, les sociétés ne sont plus renfermées sur elles-mêmes ; elles accueillent de plus en plus de personnes venant des quatre coins du monde. L’accueil de migrants rend les communautés plus hétérogènes et multiculturelles. Ce multiculturalisme constitue un défi pour les pays d’accueil, puisqu’il implique un processus d’adaptation de la part de la culture de la majorité aux cultures des communautés minoritaires qui s’y installent et vice-versa. Ces migrations ont aussi un grand impact au niveau linguistique et social. L’objectif principal de cet article est de fournir aux lecteurs un aperçu général de la place de la langue française et de la Francophonie dans le ‘village global’ dans lequel nous vivons. Cet aperçu est donc le résultat de l’analyse de nombreux travaux de recherche se penchant sur ce sujet.

Abstract

The social and linguistic dynamics in the French-speaking space: intercomprehension as a way of integration

Nowadays, due to the phenomenon of globalization, societies are no longer closed in on themselves as they are welcoming more and more people from all over the world. The fact of welcoming migrants renders communities more heterogeneous and multicultural. This multiculturalism constitutes a challenge for the host countries, since it involves a process of adaptation on the part of the culture of the majority to the cultures of the minority communities who settle there and vice versa. These migrations also have a great linguistic and social impact. The main objective of this article is to provide readers with a general overview of the place of the French language and the Francophonie in the "global village" in which we live. This overview is therefore the result of the analysis of numerous research studies focusing on this subject.

Texte intégral

Introduction

1D’après les statistiques rendues publiques par l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE), en 2018, l’Hexagone était l’abri d’environ six millions et demi d’immigrés venant des cinq continents. Cette frange de la société représente, à peu près, dix pour cent de la population française. La grande majorité de ces personnes est issue de pays ayant autrefois fait partie des empires coloniaux français. Puisque les habitants de ces ex-colonies étaient obligés d’apprendre la langue française, ces voyageurs tendent à choisir la France en tant que pays d’asile. Ce choix est représentatif du rôle joué par la langue au cœur des communautés et de son importance lors du processus d’intégration. Dans ces cas, la langue est considérée comme une porte ouverte conduisant à l’acceptation sociale et à la réussite. Cependant, les flux migratoires ne sont pas seulement induits par le partage d’une langue commune. Il y a d’autres raisons, notamment économiques et culturelles, qui mènent les personnes à tenter de refaire leurs vies sur des territoires loin de leurs pays natals. Conscients de cette réalité, il y a plusieurs pays qui ont même établi des accords et des partenariats pour rendre plus facile la circulation de leurs citoyens. Citons, à titre d’exemple, les pactes scellés entre les pays appartenant à la Francophonie. Cette politique migratoire alliée à l’envie de recommencer la vie font que la France est, encore aujourd’hui, une destination élue par plusieurs migrants.

2Par conséquent, cette réalité multiculturelle apporte à l’Hexagone de nouveaux défis et force le pays à entreprendre des mesures en concordance avec ce nouveau panorama culturel. Bien que l’État français mette en place de nombreuses campagnes tâchant à l’uniformisation et au ralliement social de manière à intégrer les groupes minoritaires au sein de la société française, quelques voix répandant la discrimination à l’encontre de ces minorités se font encore entendre.

3De plus, il y a de nouveaux challenges au niveau linguistique qui voient le jour. La langue assume une place si prépondérante dans la société française que les changements linguistiques résultant de ces vagues migratoires suscitent encore des débats. La chute de la représentation normative voire hermétique de la langue de Molière effraie encore les Français qui tendent à refuser toutes les altérations linguistiques. Cependant, ces ‘mutations’ sont essentielles pour que la langue évolue et se diffuse attendu qu’elles transforment la langue en un système flexible plus en phase avec les besoins des parlants du vingt-et-unième siècle. Ainsi, la chute de la monumentalité doublée de l’innovation pédagogique fondée sur des prémisses d’intercompréhension n’est que le premier pas vers la modernisation de la langue française.

Multiculturalisme

4La France de nos jours se distingue clairement de la métropole d’autrefois étant donné qu’aujourd’hui elle peut être caractérisée comme un milieu social et ethnique plus complexe et plus vaste. Cette ouverture culturelle perceptible sur le terrain est, en grande partie, due aux phénomènes migratoires ayant marqué son Histoire. Après la chute du second empire colonial et, conséquemment, l’échec de grands projets de colonisation tels que l’Algérie et l’Indochine, ce pays est devenu un lieu d’accueil pour ceux fuyant les guerres civiles et la misère. Par exemple, l’un des plus grands mouvements migratoires provenant des anciennes colonies a eu lieu à la suite de la guerre de l’Algérie. Pour les harkis (groupe d’Algériens ayant épaulé les troupes françaises lors de la dispute), la migration vers la capitale de l’empire était la seule option possible vu que les forces algériennes les accusaient de trahison et les persécutaient. Simultanément, plusieurs groupes de voyageurs y partaient induits par l’envie de recommencement puisque la France, au contraire notamment du Portugal de Salazar, prônait la démocratie et la liberté. Par ailleurs, comme l’Hexagone était dévasté à cause des conflits armés qui ont marqué le vingtième siècle (e.g. la Seconde Guerre Mondiale), il fallait trouver de la main-d’œuvre à bas prix. Ce besoin de travailleurs non-qualifiés a provoqué une tendance migratoire considérable. En raison de ces migrations de masse, la France a commencé à être perçue comme un pays d’accueil. C’est pourquoi, la société française du présent n’est plus une société exclusivement ‘blanche’ comme auparavant, mais une société de convergence de diverses cultures et couleurs de peau ; elle constitue une mosaïque culturelle.

5Parallèlement, cette diversité est également incrémentée et favorisée par les outils numériques permettant le ralliement instantané des gens et de leurs idées. L’omniprésence de ces migrants virtuels dans les dynamiques sociales et leur influence sur la culture viennent renforcer encore plus le besoin de l’établissement d’une nouvelle vision ne se limitant pas aux frontières de l’Hexagone. De ce fait, cette nouvelle configuration sociale nous mène à analyser les défis issus de ce multiculturalisme émergent qui rend inévitable le renouvellement du cadre socio-culturel actuel. L’espace francophone étant un laboratoire du multiculturalisme dans le sens où il s’agit d’un carrefour d’idées et de perspectives, il doit être apte à faire taire quelques échos tortueux du passé renvoyant à la stigmatisation et disqualification de certains groupes ethniques en vue de bâtir une société ayant pour base la pluralisation du canon (Wieviorka, 1998). Cet élargissement du spectre culturel selon lequel chaque groupe communautaire a la chance « d’être soi-même et de vivre sa propre vie » (Mahfud et al., 2016, p.206) dans le cadre d’un projet commun doit être le résultat d’un effort mutuel associant les mesures politiques à l’envie personnelle des citoyens (Gutmann, 1993). Il s’avère donc primordial de parier sur le développement d’une culture transnationale et transfrontalière de manière que les discours haineux défendant que « les minorités culturelles et les immigrants doivent se conformer à la culture dominante et renoncer à leur particularisme » (Guimond et al., 2016, p.54) ne se cimentent pas.

Le contexte transnational et le changement de mentalités

6L’existence d’un panorama transcendant les frontières physiques d’un pays ou d’un continent est inévitable dans ce monde globalisé où, à travers e.g. Internet, nous sommes tous connectés les uns aux autres. Le web est venu tout changer puisqu’il a éliminé toutes les limites géopolitiques en stimulant le rassemblement de personnes venant des quatre coins de la planète. Par suite, il est possible d’affirmer que l’apparition et la normalisation de plusieurs plateformes permettant la communication à distance est largement responsable de l’éveil d’un sentiment d’appartenance à un ensemble transfrontalier qui accepte la différence. Ainsi que l’affirmait Tyvaert (2008), les internautes sont devenus des migrants que, en dépit d’être immobiles, sont en échange permanent avec les autres. Ce type de migration rendue possible grâce à l’évolution technologique est cruciale à la diffusion des langues et des cultures. Par conséquent, cette « compression » du monde a des répercussions sur la conception d’une culture d’agrégation et de partage puisqu’elle tend à remplacer la culture locale par la culture ´glocale’. La dernière tâche à tout prix de concilier la culture de masses avec les particularités du contexte local ; de transformer les idées exportables en idées acceptées au sein des milieux sociaux plus réduits. Ce binôme local-global, souvent difficile à gérer et controversé, s’est avéré un jalon de la production artistique. À titre d’exemple, dans le domaine littéraire, il est important de mettre en évidence les écrivains francophones qui, ces dernières années, ont déjà remporté plusieurs prix. L’étude d’ouvrages d’auteurs issus d’autres milieux socio-culturels peut représenter un chemin conduisant à la compréhension et acceptation de l’autre et de ses différences. L’appréhension du contexte dans lequel le texte a été rédigé et conçu peut dès lors ouvrir les horizons des lecteurs en les sensibilisant à de nouvelles cultures qu’ils ne connaissaient pas. Nous pouvons mentionner les cas de Alice Gbelia et de Léonora Miano, entre autres. Ces deux femmes sont deux représentantes de poids de ce lien transcontinental unissant la France et l’étranger, dans ce cas, les pays francophones en Afrique. Outeirinho (2017) les pointait comme « un signe non négligeable de l’existence de dynamiques sociales constituées, et/ou en constitution dans l’espace européen, qui ont trait à un phénomène contemporain marqué par des enjeux où le préfixe trans- s’impose partout » (p.112). Aujourd’hui, la majorité des livres, films et chansons ne sont plus le fruit de productions exclusivement nationales du fait que leur création ainsi que leur commercialisation adviennent fréquemment de collaborations internationales. Ce franchissement des frontières géographiques permet au contexte francophone de se moderniser en incorporant plusieurs cultures différentes ; ce qui contribue, à long terme, à l’édification d’une culture d’acceptation fondée sur le multiculturalisme.

7Le changement des mentalités passe aussi par une intervention de la part des représentants du peuple, notamment, les ministres élus démocratiquement. L’État doit ainsi donner l’exemple à ses citoyens en rendant les projets de loi plus inclusifs. Si les lois auxquelles les personnes sont soumises ne sont pas représentatives de toutes les communautés majoritaires et minoritaires partageant un même territoire, le système judiciaire encourt des reproches ayant pour but une possible reformulation. En analysant la Constitution française, nous nous rendons compte qu’elle a pour objectif de promouvoir une vision du monde et de la société plus ample et exempte de stéréotypes ou préjugés dans la mesure où elle assure la liberté individuelle en permettant e.g. la libre pratique de toutes les religions (en concordance avec les principes laïcs en vigueur). De plus, le gouvernement français accorde beaucoup d’importance à la sensibilisation des personnes à cette nouvelle réalité. Beaucoup d’initiatives sont entreprises régulièrement afin de combattre les inégalités sociales et la stéréotypisation de certains cercles ethnoculturels (e.g. la campagne « Tous Unis Contre la Haine », menée en 2016, de façon à lutter contre le racisme et l’antisémitisme). Dans le combat contre la discrimination, tous les groupes sociaux doivent entrer en ligne de compte indépendamment de leur âge. Ergo, cette promotion d’une culture d’acceptation devrait également se matérialiser dans la restructuration des plans d’études des enfants. Ce changement s’avère essentiel pour que les enfants français puissent entrer en contact non seulement avec des contenus concernant la France, mais également des contenus liés à toute la Francophonie ; des contenus inclusifs touchant de près tous les élèves issus de diverses vagues d’immigration. Maurais et al. (2008) proposent que le ministère de l’Éducation change les plans curriculaires des disciplines d’Histoire et de Littérature. Concernant l’Histoire, les auteurs considèrent qu’il faut que les élèves connaissent d’autres cultures au-delà de la culture française. Lors d’une interview accordée au journal Témoignages, le 10 août 2004, François Durpaire, auteur de l’ouvrage intitulé Enseignement de l’Histoire et de diversité culturelle, nos ancêtres ne sont pas Gaulois, déclare que

8On [les Français] essaie plutôt d’uniformiser la culture française alors que nous sommes une Nation diverse. Cette notion de « peuple français » doit être plus politique que culturelle. C’est un vouloir vivre ensemble. Notre Histoire est une histoire métisse et complexe. Une histoire dans laquelle il faut introduire de la nuance pour intégrer la diversité des héritages qui sont les nôtres.

9Il est clair que les curriculums scolaires proposés par l’État français ne reflètent pas encore une réalité multiculturelle étant donné qu’ils perpétuent un point de vue monoculturel dont l’épicentre est la France. À l’instar de François Durpaire, Suzanne Citron souligne, dans son livre Le Mythe national. L'Histoire de France revisitée, que le programme d’Histoire suivi dans les écoles françaises ne va pas au-delà des frontières de l’Hexagone et de ses empires coloniaux, ce qui restreint la conception du monde chez les élèves. Cette focalisation interdit l’inclusion des minorités ce qui peut être considéré, en dernière instance, comme une porte ouverte à la discrimination. En suivant cette ligne de pensée, Escallier (2006) accentue encore l’importance des manuels scolaires dans la formation des jeunes en affirmant que « les manuels scolaires sont des supports qui peuvent perpétuer les préjugés » (p.578). L’auteure renforce également l’idée que l’éducation constitue un véhicule efficace de transmission de principes d’insertion et d’acceptation contribuant à « dépasser les conditionnements culturels et les préjugés, qui sont à l’origine des discriminations toujours d’actualité (résurgence du nazisme, islam radical, etc.) » (Escallier, 2006, p.578). En effet, à travers l’exposition à la différence depuis un jeune âge dans le contexte scolaire, les enfants seront plus aptes à comprendre l’autre avant de le juger. Ce changement pourrait donc servir à altérer la posture des adultes de demain.

10Comme vous pouvez le constater, la diversité culturelle implique une adaptation sociale et linguistique de la part des pays francophones et de l’OIF. Cette acclimatation de la Francophonie et de la langue française au contexte multiculturel sera donc traitée dans les chapitres suivants.

La Francophonie et le français dans un monde multiculturel

11Le concept de Francophonie remonte à la fin du dix-neuvième siècle. Le géographe Onésime Reclus est souvent acclamé comme le père fondateur de cette organisation qui, aujourd’hui, va largement au-delà des frontières de la France. L’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) compte « désormais 75 Etats, soit un tiers des membres des Nations Unies, 10% de l’humanité et 11% de la richesse (…) rassemble plus de 220 millions de personnes dans le monde » (Parmentier et al., 2010, p.1). L’objectif principal de l’institution est alors de réunir les peuples partageant la langue française. De nos jours, cette institution se voit menacée dans la mesure où, dû à la mondialisation, elle a besoin de se battre afin de s’imposer dans un panorama linguistique qui voit « s’affirmer une propension à l’unilinguisme communicationnel anglo-saxon » (Almeida, 2011, p.7). Cette prépondérance de la langue hyper-centrale1 (l’anglais) nuit à la promotion d’autres langues super-centrales1 telles que l’espagnol ou le français. De ce fait, la mondialisation représente une dilution des frontières physiques entre les peuples et un grand défi pour les langues nationales et locales qui doivent faire des efforts pour se faire entendre sur la scène internationale. Dans ce monde où la limite séparant le global et le local est aussi ténue, il s’avère crucial d’entreprendre des mesures visant à la protection des idiomes. Pour cela, Parmentier et al. (2010) affirment que « la mondialisation ne disqualifie pas la Francophonie. Elle rend au contraire la nécessité d’agir beaucoup plus actuelle » (p.4).

12En prenant en considération les changements apportés par la mondialisation, la question qui se pose est la suivante : de nos jours, quelle est la place de la langue française et de la Francophonie ?

13Pour tenter de répondre à cette question, je vais, dans un premier temps, énoncer de nombreux aspects qui ont incité au déclin de la langue française et, ensuite, je vais présenter des stratégies qui pourraient être mises en place par les états de la Francophonie de manière à renforcer leur projection internationale.

La Francophonie et le numérique

14Comme je l’ai déjà mentionné, dans le monde actuel, la culture et les langues coexistent dans un système perméable et fluide qui n’est pas contraint à des restrictions d’ordre social ou politique. Le levier de cet élargissement des horizons de diffusion linguistico-culturelle est, sans aucun doute, l’univers numérique. Par suite, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) doit parier sur le développement et l’exposition de la langue française dans le contexte numérique. Internet peut représenter une nouvelle chance pour la Francophonie et pour la langue française, elles pouvant s’y diffuser d’une façon peu coûteuse. Cette insertion dans la communauté virtuelle marquerait le début d’une nouvelle ère renversant le web majoritairement monolingue auquel nous sommes confrontés aujourd’hui. Pour cela, il s’avère primordial de financer les producteurs de contenus digitaux en langue française. Le Québec, par exemple, est un cas de succès à ce niveau. L’actuel gouvernement canadien, dirigé par Justin Trudeau, a instauré de nombreuses mesures visant à la promotion de la langue française sur Internet. D’après Mélanie Joly, ministre canadienne du Patrimoine, ces mesures ont pour but de mettre en exergue « l’importance de la diversité culturelle sur l’espace numérique » (2018). La ministre ajoute que le Canada est très fort en ce qui concerne la production et création de contenus culturels en langue française et/ou bilingues, le pays étant l’un des plus grands exportateurs de jeux vidéo et de contenus de réalité virtuelle et augmentée du monde. Cet exemple démontre très clairement qu’il est nécessaire que les pays francophones altèrent leurs politiques linguistiques de façon à les mettre en phase avec les besoins de leurs citoyens (Joly, 2016). Idéalement, Internet deviendrait, à long terme, un espace de partage de contenus divers et en plusieurs langues.

15En outre, la Francophonie devrait stimuler la production et propagation de contenus audiovisuels en langue française d’une façon plus explicite et efficace afin de toucher le plus grand nombre possible de personnes. Les chaînes de télévision et les radios internationales diffusant des contenus en français sont une opportunité pour la Francophonie. Par exemple, TV5 étant une « chaîne multilatérale francophone » (Parmentier et al., 2010, p.6) exerce aussi une fonction didactique vu qu’elle atteint un public non seulement francophone, mais aussi francophile qui peut avoir accès à des sous-titres lui permettant de mieux s’intégrer dans la culture des pays francophones présentés. Il y a « trois millions d’élèves [qui] étudient le français grâce à son canal » (Wolton et al.,2008, p.43), ce qui prouve l’impact de cette chaîne au-delà des habituelles frontières de la Francophonie. Un autre outil dont la Francophonie devrait mieux tirer profit est la radio RFI. L’investissement dans le cinéma pourrait aussi constituer un autre moyen d’affirmation de la langue française sur la scène internationale. La diffusion de films en langue française pourrait changer un peu les habitudes de consommation de la société future. Il y a certains films francophones tels que « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain » qui ont atteint un succès international devenant des jalons de la culture française à portée globale (Almeida, 2018).

La langue française et sa perméabilité

16Outre les liens politico-culturels et la projection du réseau francophone dans le monde réel et virtuel, la composante linguistique joue aussi un rôle prédominant dans le processus d’affirmation de la Francophonie dans un contexte multiculturel. Almeida (2016) affirme que la langue a besoin

17D’une approche nouvelle […] du français que l’on sait ne plus servir au seul embellissement de la personnalité ou de la formation (la cerise sur le gâteau), mais que l’on perçoit comme un outil utile et performant, ainsi qu’une plus-value curriculaire dans le marché du travail actuel (un ingrédient du gâteau) (p.127)

18Le paradigme doit donc être reformulé de façon à mettre l’accent sur le pragmatisme de la langue en tant qu’outil communicationnel plutôt que de l’admirer de loin comme un simple chemin vers l’enjolivement personnel ou l’ascension sociale. Cette image d’enjolivement personnel renforce la « représentation élitiste » (Wolton et al., 2008, p. 146) de la langue. Dans le cas du français, cette représentation associée à beaucoup de clichés nuit fortement à sa diffusion. Ce prestige extrême, allié à la grandeur de ses représentants notables (e.g. figures de la Littérature telles que Baudelaire ou Victor Hugo) fait que les étudiants sentent parfois une sorte d’« allergie, somme toute irrationnelle » (Almeida, 2016, p.2) vis-à-vis de l’apprentissage du français. Ce phénomène a déjà été analysé par Maurais et al. (2008) 

19Actuellement, l’image d’une norme unique de référence implantée dans la plupart des systèmes éducatifs (en particulier dans les zones où le français peut être qualifié de langue seconde) est bien à la source du développement de l’insécurité et, par conséquent, de l’éclatement anarchique auquel elle aboutit naturellement, selon des processus bien connus des sociolinguistes et de didacticiens : hypercorrection, absence ou confusion des registres de langue (p.147)

20La langue française est alors associée à des significations cachées et de stéréotypes (e.g . l’image de luxe, de justice, de clarté, mais aussi de rébellion et de contestation) qui intimident les apprenants de la langue. Par conséquent, ils sont victimes de phénomènes d’insécurité tels que l’hypercorrection. Ces préjugés envers la langue rendent plus difficile son affirmation. Pour ces raisons, la langue française perd du terrain par rapport à d’autres langues super-centrales comme l’espagnol (Calvet, 2010). La stéréotypisation des langues effraie non seulement les étudiants étrangers, mais également quelques groupes de la société française, notamment celui des jeunes qui tend de plus en plus à introduire dans son vocabulaire des mots en anglais ou dérivés de langues arabes ou africaines (Calvet, 2008). En suivant une perspective plurilingue, la France devrait accepter ces influences venant de plusieurs parties du monde afin de renouveler son propre idiome. Contrairement à ce qu’avançait Phan (2010), en réalité, l’espace francophone ne parvient pas à être « un laboratoire à l’échelle du monde du multilinguisme » (p. 58) dû à son côté imperméable qui, d’une façon directe ou indirecte, freine sa diffusion en stimulant un détachement des propres francophones envers leur propre langue. Cet éloignement de la part des parlants n’est qu’une conséquence de la perte de « l’émotion, la fierté, l’adhésion aux valeurs d’une culture pour des millions de personnes dans le monde entier, de Québec à la Sibérie, d’Haïti, d’Outre-mer, à Beyrouth » (Parmentier et al., 2010, p.2). Le cas québécois est un bon exemple de ce multilinguisme illusoire. Bien que, sur ce territoire, il y ait deux communautés parlant deux langues distinctes (le contexte étant clairement propice au multilinguisme), la population francophone tend à éviter toute variation linguistique issue de cette ‘cohabitation’. Maurais et al. (2008, p.140) défendent que ce caractère repoussant de la langue est intrinsèquement lié au modèle Langue- Nation, qui représente la langue en tant qu’une partie inhérente à l’identité nationale. Ce lien entre les concepts de langue et identité fait que la langue devient intouchable et n’accepte plus les couleurs locales (Calvet, 2008). Cette vision uniformisatrice de la langue divise la propre communauté francophone. Ce refus des influences venant des idiomes locaux joue un rôle vraiment préjudiciel au rassemblement des pays de l’OIF dans le sens où la langue ne reflète plus les particularités des communautés. Comme c’est à travers les mots que les gens emploient qu’ils expriment leurs idées, cette homogénéisation forcée de la langue française suscite une exclusion des personnes parlant différemment de la ‘norme’, ce concept de normalisation linguistique devenant un pilier social et identitaire (Maurais et al., 2008, p.146). Ce statut immaculé de la langue découle largement de la vision Paris-centrée. La conception de la norme naît à Paris et sa mère est l’Académie française. Ce point de vue protectionniste voire étouffant continue d’exister aujourd’hui, l’Académie rejetant beaucoup de projets visant à la modernisation du français. Le cas des Antilles françaises est un exemple parfait de ce phénomène. La population antillaise a naturellement commencé à fusionner la structure grammaticale du français avec des mots avenus des dialectes locaux. Dû à ces mutations linguistiques, une nouvelle polémique a vu le jour dans l’Hexagone, le pays résistant à cette évolution naturelle (Muller, 2015). Pour ces raisons, Parmentier et al. (2010) avertissent que le statut monumental d’une langue, souvent issu de son caractère apparemment prestigieux, n’est que le premier pas vers l’isolement (e.g. l’italien a été condamné à l’oubli à cause des réminiscences de la Renaissance). Contrairement aux cas français et italien, l’anglais, par exemple, est devenu une langue hyper-centrale grâce à sa politique d’acceptation de nouveaux mots venant d’ailleurs. L’emprunt de ces mots a incité à sa modernisation en le libérant de sa monumentalité.

21Ainsi, la langue française doit être instrumentalisée afin de prévenir la fossilisation linguistique (Guillou & Phan, 2005) souvent induite par une représentation idyllique et distante de la langue (Almeida, 2016). Cette ouverture, qui peut passer par « la mise en place de programmes bilingues » (Maurais et al., 2008, p.148), lui permettrait de s’ouvrir vers le monde et, à long terme, devenir une « langue code » (Parmentier et al., 2010, p.3). De cette façon, la langue deviendrait plus perméable et fonctionnelle, ce qui lui donnerait l’opportunité de s’affirmer dans le monde actuel. Un monde où le changement est un mot d’ordre et l’adaptation une condition essentielle à la survie d’une langue.

L’intercompréhension au sein de la Francophonie multiculturelle

22L’espace francophone est, dans une certaine mesure, un laboratoire d’observation des interactions interculturelles étant donné qu’il rassemble en lui plusieurs cultures et identités nationales distinctes. Ce rassemblement édifié sur des prémisses du multiculturalisme est alors interrelié au concept d’intercompréhension. Puisque les pays francophones constituent un espace de partage de cultures ainsi que de langues, il est primordial que les principes de l’intercompréhension soient pris en compte de façon à mieux adapter l’apprentissage des langues aux objectifs spécifiques de l’étudiant et en conformité avec les connaissances faisant partie du ‘bagage linguistique’ de l’apprenant. Cette adéquation s’avère le talon d’Achilles de certains systèmes éducatifs qui, en accordant une importance mineure à l’engagement personnel et sentimental des étudiants, contribuent à leur démotivation et baissent conséquemment les possibilités de diffusion de leurs langues.

23Afin de mieux comprendre le contexte dans lequel la notion d’intercompréhension s’est développée, il est convenable de souligner la différence entre le multilinguisme et le plurilinguisme ; deux termes qui sont souvent confondus et mal compris. Malgré leur similarité, ils évoquent deux idées assez différentes, et ne sont pas interchangeables. Ainsi que Degache (2006, p.10) l’a remarqué, le multilinguisme peut être perçu comme la capacité humaine de connaître plusieurs codes et de les utiliser ayant pour but principal celui de communiquer et d’interagir avec d’autres parlants. Cette maîtrise des langues n’implique pas l’établissement de ponts entre les systèmes communicatifs, ils ont été appris et, dès lors, conservés en mémoire indépendamment les uns des autres. Le multilinguisme s’agit alors d’une vision hermétique qui est propice à l’encapsulement des langues dans des ‘tiroirs’ bien définis. À l’opposé du multilinguisme, le plurilinguisme représente l’univers linguistique dans toute sa splendeur dans le sens où il considère chaque langue comme une unité perméable et flexible intégrée dans un système plus complexe les reliant les unes aux autres. Degache (2006) défend que le plurilinguisme ne se réduit pas qu’à la capacité des individus d’apprendre les bases théoriques des langues, il comprend aussi la capacité des apprenants de les mettre en corrélation. De cette façon, l’auteur infère qu’il est important d’étudier les langues comme des parties complémentaires faisant partie d’un même système linguistique, qui change et se remanie chaque jour.

24Cette perspective innovatrice vis-à-vis des liens établis entre les langues est aussi intrinsèquement liée au renouvellement des programmes pédagogiques et des critères d’évaluation des compétences linguistiques. Un bon exemple de l’impact de cette nouvelle façon d’évaluer la maîtrise des étudiants est la mise à jour des objectifs stipulés par le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL). Ce critère commun a l’intention d’éradiquer la notion de perfection associée au parlant natif. En échange, le CECRL établit des points concrets, plus adéquats aux besoins pratiques des locuteurs. Cette transition vient donc marquer la réévaluation des objectifs d’apprentissage et des stratégies d’enseignement d’une langue étrangère (Moore, 2003, p.94).

25Par ailleurs, cet ajustement des plans curriculaires et évaluatifs est essentiellement dépendant des stratégies d’intercompréhension. Même si ces méthodes avaient été étudiées un peu avant, ce n’est qu’au cours de la dernière décennie du vingtième siècle que l’intercompréhension commence d’être perçue comme un outil pédagogique favorisant le processus d’acquisition d’une nouvelle langue (Blanche-Benveniste, 2008, p.41). Au début, les chercheurs croyaient que l’interaction et les ponts linguistico-culturels pourraient représenter un chemin à suivre en vue d’apprendre une langue étrangère appartenant à la même famille de langues que la langue maternelle des apprenants. Cependant, au fur et à mesure que la recherche a progressé, quelques spécialistes ont présenté une approche différente qui considérait l’intercompréhension comme une capacité fondamentale pour apprendre une deuxième ou troisième langue, indépendamment de la famille des langues en question. Ainsi, le progrès de l’apprenant résulte, en grande partie, de son habilité pour identifier les similarités soit entre sa langue maternelle et la langue qu’il tente d’apprendre, soit entre la langue à apprendre et une langue étrangère qu’il connaît (langue-pont). En suivant cette ligne de pensée, Alves (2007, p.65) a défini l’intercompréhension comme une aptitude mise en place, volontaire ou involontairement, par les parlants tâchant de comprendre les autres et de se faire comprendre dans un contexte plurilingue. En d’autres mots, l’intercompréhension envisage l’universalité des capacités réceptives des individus. Ce caractère universel n’est qu’assuré par l’intuitivité et naturalité inhérentes au processus de compréhension de l’autre (Tyvaert, 2008). Néanmoins, ce processus naturel d’intercompréhension se révèle vraiment complexe et repose sur le discernement tant du parlant que de l’écouteur. Cette capacité interactionnelle oblige alors à une mobilisation des connaissances psycho-linguistiques préalables des deux interlocuteurs. Il est possible de diviser ces connaissances en quatre dimensions distinctes : lexicale, textuelle, situationnelle et discursive (Capucho, 2008). Les dimensions textuelle et lexicale sont liées à l’analyse des points de concordance entre les structures textuelles, morphosyntaxiques et morphologiques des deux langues, tandis que les dimensions situationnelle et discursive adviennent du lien affectif entre le parlant et la langue (cet attachement est indéniablement influencé par les expériences passées de l’individu). La combinaison de ces facteurs va largement déterminer le succès ou l’échec d’une conversation pluriculturelle et plurilingue.

26C’est pourquoi, il est intéressant de distinguer deux cas d’étude : l’un où les deux interlocuteurs parlent deux langues de la même famille et l’autre où les deux intervenants s’expriment en deux langues appartenant à deux familles différentes. Dans le premier cas, les deux personnes seront tentées d’accorder plus d’importance aux dimensions textuelle et lexicale dû au fait que leurs langues maternelles ont un taux de similarité lexicale élevé (e.g. le portugais et le français ont un coefficient de similarité lexicale d’à peu près soixante-quinze pour cent selon la plateforme « Ethnologue – Langues du Monde »). Hagège (1996) est arrivé à la même conclusion après avoir comparé trois langues scandinaves : « la parenté du danois, du norvégien et du suédois est assez étroite pour permettre une communication presque normale entre habitants des trois pays correspondants, lors même que chaque participant parle et répond dans sa langue » (p.250). Toutefois, les compétences à mobiliser dans le second cas ne sont pas les mêmes, les interlocuteurs étant menés à avoir recours aux aspects émotionnels et affectueux puisque toute étude lexicale serait infructueuse. Cela n’implique pourtant pas l’échec de la situation communicationnelle. Grâce au « transfert proactif » (Meissner, 2008), la possibilité de communication entre ces deux personnes continue d’exister. Ce transfert consiste en l’évaluation des informations transmises par la composante non-linguistique du processus communicatif. Parfois, l’analyse des signes extra-linguistiques contribue à la clarification du message parlé, étant le premier pas vers la compréhension réciproque et bilatérale. Parallèlement, cette posture proactive peut être encore renforcée par l’utilisation d’une langue-pont mettant les deux individus sur un pied d’égalité et garantissant l’élimination des pressions implicites à un scénario communicatif établi entre un natif et un non-natif, par exemple.

Conclusion

27Comme vous pouvez en conclure, la mondialisation peut être perçue comme un facteur changeant le panorama mondial tant au niveau linguistique qu’au niveau socio-culturel. Ce ‘village global’, franchissant les barrières géopolitiques, favorise la circulation des personnes. Ce flux constant de personnes présente de nouveaux défis aux pays qui accueillent ces migrants arrivant des quatre coins du monde. La gestion d’une société multiculturelle ne s’avère pas simple vu que le choc culturel est très fréquent. L’acceptation de l’autre devient ainsi une priorité dans ce contexte puisqu’elle est la clé du succès. Cette politique d’inclusion doit non seulement faire ressortir les valeurs sociales partagées par les membres de la majorité, mais aussi valoriser l’importance des minorités dans le processus de construction d’une identité commune. Cette identité commune doit être le fruit de la symbiose parfaite de toutes les communautés partageant le même territoire. Par ailleurs, cette mixité raciale implique aussi un changement de perspective en ce qui concerne la langue française et la Francophonie. L’OIF, étant une organisation ayant pour but le rassemblement des parlants de français, doit prendre en considération ces nouveaux francophones qui viennent enrichir la mosaïque culturelle des pays francophones. Cette union de tous autour d’une identité commune est essentielle pour assurer la continuité de cette institution ainsi que pour stimuler la diffusion de la langue française.

28Simultanément, de manière à réaffirmer sa place sur la scène mondialisée qui est actuellement plus favorable à la diffusion de l’anglais, il est nécessaire que la langue française s’ouvre au monde à travers l’entreprise de mesures visant au partage interlinguistique et ayant pour base l’intercompréhension. Cette omniprésence de l’anglais est, en grande partie, possible grâce à son caractère hétérogène et inclusif. Au contraire des francophones, les anglophones ont préféré sacrifier la ‘perfection’ grammaticale de leur langue en faveur de sa diffusion. Etant une langue plus flexible (appelée par certains auteurs de globish dû à son caractère facilement exportable), la langue anglaise s’est affirmée en tant que langue norme et langue d’échange. Cette ‘exportation’ massive de l’anglais est aussi le fruit de sa déterritorialisation et de son détachement par rapport à la culture d’origine. En analysant cette progression, il est perceptible que la fragilité principale de la langue française est le fait qu’elle n’a pas été capable de s’adapter aux défis posés par la modernité. Cette incapacité est majoritairement due à quelques prétentions remontant à l’histoire coloniale française. La gloire d’autrefois peut, dans une certaine mesure, avoir condamné la langue dans le sens où elle l’a rendue intouchable et inchangeable. Ergo, ce qui n’évolue pas tend à être oublié. Il se révèle ainsi indispensable de se battre et de faire entendre sa voix ou, pour mieux dire, faire entendre sa langue.

29En somme, il est crucial que la Francophonie et la langue française sachent s’adapter au contexte multiculturel afin de ne pas tomber dans l’oubli.

Bibliographie

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Notes de bas de page

1 Classification présentée par Calvet (2002) ayant pour base le modèle gravitationnel des langues.

Pour citer ce document

João MORAIS, «Les dynamiques sociales et linguistiques dans l’espace francophone: l’intercompréhension en tant que moyen d’intégration», Revue Miriadi [En ligne], Revue Miriadi, 1 | 2019, mis à jour le : 19/10/2020, URL : https://publications.miriadi.net:443/index.php?id=178. (ISBN: 978-2-9573966-0-3)

Auteurs

Quelques mots à propos de :  João  MORAIS

Faculté des Lettres de l’Université de Porto - João Morais est actuellement en train de terminer sa Licence en Langues, Littératures et Cultures - Parcours Anglais- Français à la Faculté des Lettres de l'Université de Porto.

En 2019, il a été moniteur de français dans le cadre du projet « Université Junior » (projet promu par le département d’Études Francophones de l'Université de Porto en collaboration avec la mairie de Porto).

Il a également participé à quelques colloques tant au niveau national (e.g. la conférence « Aprolínguas » ayant eu lieu à la Faculté des Lettres de l'Université de Porto du 20 au 22 septembre 2018) qu'au niveau international (e.g. le colloque « IC2019. Au-delà des frontières - Más allá de las fronteras » ayant eu lieu à l'Université Lumière Lyon 2 du 2 au 4 mai 2019).